q
Fingers of pure hell is a traditional high quality limited print editions. Self-publishing company created in 2011. Specialised in black and white photography.
FOLLOW US and get updates on available orders and new release crafted projects.
Pierre B. | Making Pinot Noir requires back breaking work.
16352
page,page-id-16352,page-template,page-template-full_width,page-template-full_width-php,ajax_fade,page_not_loaded,,qode_grid_1200,side_menu_slide_with_content,width_470,qode-theme-ver-9.1.3,wpb-js-composer js-comp-ver-4.11.2.1,vc_responsive

-Sueur, soleil et pinard- Une semaine avec les vendangeurs de pommard.

Dans la région des grands crus de Bourgogne, le mois de septembre, c’est celui des vendanges. Sur ces terres où les vignes s’étendent à perte de vue, des saisonniers venus d’un peu partout en France et même de l’étranger s’attellent à récolter le raisin qui servira à fabriquer parmi les meilleurs vins du monde.

Lhistoire que raconte mes photos, cest celle d’une équipe de vendangeurs avec qui jai passé du temps du côté de Pommard, le célèbre village de la côte de Beaune, qui produit un pinard AOC de cépage pinot noir.

Tous les jours, dans des allées de vignes qui tirent jusqu’à l’horizon, je les ai observé poser le genoux à terre et se courber pour cueillir le raisin, pendant que d’autres, plus costauds, sont chargés de transporter la récolte sur leur dos. J’ai particulièrement apprécié les moments en leur compagnie – bien qu’ils mènent une vie de bâtons de chaise, ces hommes et ces femmes travaillent dur pour que l’on puisse apprécier les grands vins de Bourgogne. Je trouve que leur travail est trop peu souvent apprécié à sa juste valeur.

Pendant la semaine ouvrée, le rythme est intense. Les saisonniers se lèvent à 7 heures, s’enfilent un petit déjeuner (au rouge, déjà, pour certains) et direction la vigne pour les premiers coups de sécateurs. À 10 heures, c’est l’heure du casse-croûte : un sandwich pâté-cornichons, un café ou (déjà) du premier litre de rouge, pour les plus vaillants. De cette manière, le retour au travail est plus joyeux. À 13 heures, c’est l’heure de la pause repas et des bons petits plats arrosés d’un deuxième litron. Ensuite, la petite équipe se remet au charbon, coupe la vigne et charge les porteurs qui croulent sous les kilos de raisins dans leur hotte. À 18 heures, la journée se termine enfin pour laisser place à l’apéro – la douche attendra. À 20 heures, c’est l’heure du dîner et tout le monde passe à table – l’occasion d’arroser encore tout ça avec un bon rouge. Les derniers vendangeurs iront se coucher vers 2 heures du matin.

Ceux avec qui j’ai passé du temps venaient tous d’horizons très différents – il y avait des jeunes, des étudiants, des vieux, et même des SDF des anciens taulars. Quand ils se retrouvent entre eux, il refont le monde : certains évoquent leur passé et les choses qu’ils n’auraient pas dû faire ou qu’ils regrettent. C’est aussi pendant ces veillées que le souvenir collectif des vendange émerge et que les anecdotes fusent. Un vendangeur se souvient que l’année précédente, il était allé réveiller le propriétaire du domaine dans sa chambre en pleine nuit en criant : « Je suis un Dragon ! » Tout le monde devine qu’il est somnambule. Un autre raconte l’histoire d’un vendangeur qui est arrivé avec plus d’une heure de retard dans les vignes, déjà complètement saoul. Il a mangé un morceau de pain du casse-croûte de 10 h et s’est mis au boulot. À peine quelque minutes plus tard, il rendait tout dans une allée de vignes.

Ces gens sont infatigables, ils retournent à leur travail une fois les vendanges finies, ceux qui ont de la bouteille continent les vendanges dans le Beaujolais ou partent couper des sapins pour Noel et puis les autres retournent à leur vie faite de bouts de ficelles.

L’année prochaine, la plupart d’entre eux reviendront surement pour se faire à nouveau un petit billet.

Making Pinot Noir requires back breaking work.

In the Grand Cru region of Burgundy, September is harvest season. On these lands where the vines stretch as far as the eye can see, seasonal workers from all over France and beyond pick the grapes that will be used to produce some of the world’s best wines.

My photos tell the story of a team of grape pickers I spent time with in Pommard, a famous village near Beaune, which produces AOC-certified pinot noir wines.
Every day, in the rows and rows of vines that extend to the horizon, I watched as the men and women knelt on the ground and flexed their bodies in order to pick the grapes. The strongest workers transported the harvest on their backs.

I really appreciated these moments among them. Even though they lead unconventional lives, these men and women toil so that we can appreciate Burgundy’s great wines. I think their hard work is underappreciated.

During the workweek, the pace is intense. The workers get up at 7 AM, slurp down breakfast (which, for some, includes red wine), and head to the vineyard with their pruning shears. At 10 AM, it’s snack time: sandwiches of pâté and pickles, coffee, or, for the sturdier of the bunch, a liter of red. This makes going back to work a much more joyous affair. At 1 PM, it’s time for the lunch break, which includes a nice meal and another liter of fluids. Afterward, it’s back to the grind. The team cuts vines and loads the giant baskets on the lifters’ backs with kilos and kilos of grapes. At 6 PM, the day is finally over, and it’s happy hour shower time can wait. At 8 PM, dinner is served and everyone gathers around the table another opportunity to whip out a nice red wine. The last grape pickers standing finally head to bed around 2 AM.

Those with whom I spent time came from very different backgrounds. There were young people, students, old people, even homeless people and ex-convicts. When they get together, they create their own little world. Some bring up their past the things they should have done, or regret doing. In the evenings, they share memories of past harvests and tell stories. One grape picker tells the story about how last year he woke up the owner of the winery in the middle of the night, screaming “I’m a dragon!” Everyone guesses correctly that he was sleepwalking.
Another tells the story of a picker who arrived in the vines more than an hour late, already completely drunk. He ate a piece of bread during the 10 AM break and started working. A few minutes later, he was throwing it all back up in the vines.

These people are tireless. They go back to their regular jobs after the harvest. The tougher ones go on to work the Beaujolais harvest or to cut Christmas trees.
Next year, most of them will likely come back to make another few bucks—roughly 400 euros for five days of work.

Making Pinot Noir requires back breaking work.

En la zona de los grands crus de Borgoña, el mes de septiembre es el mes de la vendimia. En estas tierras, donde las viñas se extienden hasta el horizonte, los trabajadores temporales vienen de toda Francia, incluso del extranjero, y se aplican para cosechar la uva utilizada para producir algunos de los mejores vinos del mundo.
La historia que cuentan mis fotos es la de un equipo de vendimiadores con quien pasé un tiempo por el lado de Pommard, el famoso pueblo de la Côte de Beaune que produce un vino AOC de cepa Pinot Noir.

Todos los días, en los caminos de las viñas, que se estiran hasta el infinito, los observé poner una rodilla al suelo y doblarse para recoger las uvas, mientras que otros, más robustos, se encargan del transporte de la cosecha sobre sus espaldas.

Disfruté de verdad los momentos pasados con ellos – a pesar de que llevan una vida caótica, estos hombres y mujeres trabajan duro para que podamos disfrutar de los grandes vinos de Borgoña. Pienso que su trabajo no está valorado en su valor justo.

Durante la semana laboral, el ritmo es intenso. Los vendimiadores se levantan a las 7:00, desayunan muy rápido (tomando vino ya, para algunos) y se dirigen hacia las viñas para dar los primeros disparos de las podaderas.

A las 10 en punto, es la hora del almuerzo: un bocadillo con paté y pepinillos, café o (ya) el primer litro de tinto, para los más valientes. De esta manera, la vuelta al trabajo es más alegre.
A las 13h, es la hora de los buenos platos servidos de un segundo litro de vino. Entonces, el equipo vuelve a la labor, a podar las vides y a cargar los transportistas que están aguantando kilos de uva en su cesta. A las 18h, el día finalmente termina para dar a lugar al aperitivo- la ducha esperará. A las 20h, es hora de cenar y toda la gente se sienta a la mesa – otra oportunidad para celebrarlo con un buen vino. Los últimos trabajadores se irán a la cama sobre las 2 de la madrugada.

Aquellos con los que pasé tiempo procedían todos de orígenes muy diferentes – habían jóvenes, estudiantes, personas mayores e incluso sin techos y antiguos reclusos. Cuando se encuentran, rehacen el mundo: algunos evocan su pasado y las cosas que no deberían haber hecho o que se arrepienten haber hecho. Es también durante estas veladas que emergen anécdotas de la memoria colectiva de las vendimias. Un vendimiador recuerda que el año anterior fue a despertar al dueño del campo en su habitación por la noche, gritando: ‘Soy un dragón! Todo el mundo adivina que es sonámbulo. Otro cuenta la historia de un vendimiador que llegó con más de una hora de retraso en los viñedos, ya completamente borracho. Se comió un trozo del bocadillo de las 10h y se puso a trabajar. Apenas unos minutos más tarde, devolvía todo en los caminos de las viñas.

Esta gente es incansable. Regresan a su trabajo una vez la cosecha acabada. Los que llevan años haciéndolo siguen con las vendimias del Beaujolais o se van a cortar los árboles de Navidad. Y los demás vuelven a su vida hecha de incertitudes.

El año que viene, la mayoría de ellos probablemente volverá para ganarse unos cuantos billetes.

English (vice) & Spanish translation below.